Ouzbekistan- Boukhara

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dimanche 19 mars 2017

Un prochain article sur le Burkina Faso


Bonjour les amis,

J'ai pas mal bourlingué depuis le dernier article sur le Haut Atlas Marocain, des voyages, Laos, Madagascar, Chine et en janvier/ février 2017 le BURKINA FASO.


Actuellement, mon temps est totalement accaparé par l'élaboration de mon "Carnet de voyage en Ouzbékistan" en auto-édition qui verra le jour en 2017, je ne sais quel mois,  juin j'espère....

Mais je veux juste vous annoncer ici, dès à présent que je consacrerai le prochain sujet sur ce site à mon voyage au Burkina, fait de belles rencontres, et de moments passionnants et culturels (mais oui, faut pas croire, même en Afrique, on peut en trouver!).

Allez pour vous faire patienter, quelques photos et crobarts, en attendant le jour J.

A très vite.
Village artisanal de Ouagadougou

Amina la superbe lingère de l'hôtel "Notre Dame de Lorette"

Albertine en cuisine - Village de Sidi

Sidi, notre coin cuisine

La maison du Peuple à Ouaga

Le couturier au Grand Marché de Bobo

Les potières de Pala

La grande Mosquée de Bobo

 

Les carrières de sable près de Bobo


A Cassou,  avec les cuisinières du Pensionnat


Ma case à Sidi

Village troglodyte de Niangsogony

Avec Maryvonne et le guide à Niangsogony

Village de Cassou Brousse

Bouilloire plastique devant la Mosquée de Bobo
 
Nos cases à Sidi
Forage à Sidi

Aux carrières de sable


A très bientôt!

jeudi 31 décembre 2015

Dernier jour au village avant Marrakech

 

Vendredi 18 /09/2015 : Notre dernière journée au village avant le retour  à Marrakech samedi matin.

Le soleil nous invite à dessiner au village, on trouve toujours source d'inspiration ici.
Quelques petites filles nous voient arriver et courent vers nous. "Touda, Madame?"
La petite Aïcha, haute comme 3 pommes a les cheveux libres et terriblement bouclés-emmêlés.   "Profite bien Aïcha, tes cheveux sont à l'instar de ta liberté temporaire". Dans quelques mois, sans doute, le foulard cachera ce vent d'insoumission qui auréole ce joli minois.


 

 

Brahim nous a invitées à manger chez lui.  Touda possède un cachet berbère très plaisant, propre et agréable à vivre avec quelques touches de décoration minutieusement choisies. Forte de cette "image" j'essaie d'imaginer la maison de Brahim, naïve à souhait.
Rien à voir, il s'agit d'une maison traditionnelle construite depuis longtemps où l'on se préserve du soleil et de la lumière. Tout est sombre, Fatima dans la cuisine, n'en sort pas. Nous avons emmené quelques livres en français pour les enfants.
Nous sommes conviées à entrer au salon au plafond peint de motifs berbères; assises sur les tapis nous attendons patiemment. Le beau frère de Brahim mangera avec nous le bon tajine préparé en cuisine par" la grande absente". Les femmes ne mangent pas avec les hommes, sauf les invitées.
 
Omar (14 ans) fils ainé nous est présenté par son père. Il est beau comme un astre!  Il n'aime pas l'école et a décidé de rester désormais au village comme sa sœur cadette (12 ans). Il ne veulent pas aller au collège. Etrange décision quand on voit l'évolution de Brahim à travers son engagement à Touda, il est l'exemple même d'un débouché réussi grâce au tourisme. J'essaie de motiver  un peu Omar  pour lui faire comprendre l'importance des études même et surtout au fin fond de l'Atlas.
 
Bah! Le tajine est délicieux, gardons cette image heureuse... Retournons une dernière fois à l'Ecomusée dessiner quelques pièces intéressantes de la vie rurale.
 
 
 Je m'étais promise de faire un panoramique de Touda avant de partir, c'est chose faite! Sur la terrasse il est 17 heures, le soleil décline... Aquarelle rapide mais efficace.
 
 
 
En fin de soirée, j'ai pris Rendez-vous avec Najma pour le Hammam et Nikki se joint à nous.
Nous partageons Touda depuis 3 jours avec un couple d'américains très sympas , Josh Clapper et Nikki,  pas du tout " American way of life" classique,  ils voyagent 6 mois par an avec leurs 2 enfants, un garçon de 5 ans Cairo  et une petite fille de 7 mois.
 
C'est un beau moment de partage cette soirée-Hammam. Nous nous frottons réciproquement au savon noir, Najma nous asperge de seaux d'eau chaude et nous masse avec application et fermeté. C'est un instant "hors du temps" où les complicités féminines se tissent en silence avec respect et empathie. Les corps brillent d'humidité sous les derniers rayons du soleil qui balaie la pièce. Tout est simple, nudité et partage du bain au féminin. J'imagine un instant le regard d'un sculpteur ou d'un peintre surprenant  quelques formes généreuses éclaboussées de gerbes d'eau. 
On en ressort apaisées et heureuses. Belle fin de séjour.
Du coup, forts de ce bon moment, Josh, Cairo et Brahim prennent la place juste après nous.
 
 
Samedi 19/09/2015 - Le taxi arrive à 10 h comme prévu.
Nous prenons congés de nos hôtes et des Américains en échangeant nos mails, Josh descend nos valises dans sa voiture tout terrain et nous nous quittons heureux de cette parenthèse nature, ressourcées et calmes.   Il le faudra pour affronter à nouveau Marrakech,  ville infernale.
 
Un grand merci à  Brahim pour son dévouement et sa gentillesse et pour Najma (qu'on surnomme gentiment "la reine de Neiges")   sa bonne cuisine  roborative, et sa nature rieuse et directe.  Un petit clin d'oeil pour l'espèce de chemise de nuit rouge qu'elle portait parfois arborant un message surprenant "Love 100% my bird"... Un portrait de notre Reine Najma fait un après midi de détente.
On roule tout le matin, arrêt repas au même endroit qu'à l'aller et arrivée à 16h 15 au Riad Dar Nimbus (où j'avais organisé le stage Carnet de voyage l'année dernière à Marrakech).
Heureuses de retrouver Ali, Mohamed... notre chambre est petite et pas très accessible: il faut monter des étages et redescendre ensuite.... elle est contigüe à une chambre hélas déjà occupée par un couple.
 
Marrakech, c'est un peu le jour et la nuit ! le calme du haut Atlas et la ville trépidante et agitée...
Nous sortons dessiner un peu dans le quartier de la Mosquée Sidi Bel Abbes. Un marché du soir s'est installé. Nous nous plaçons en face d'un marchand de plats à tajines. Un petit attroupement se fait rapidement autour de nous. Pour donner un peu de vie à mon dessin, je croque le vendeur derrière des sacs empilés, on ne voit que son visage et son buste.
Un homme s'approche de moi et m'interpelle
- Madame, tu as fini de dessiner le Monsieur?
- Oui.
- Alors il faut payer, c'est interdit dessiner les gens.
- Non mais vous plaisantez j'espère! C'est non.
 
Il repart sans se presser. Des fois, ça peut marcher avec des "Première fois à Marrakech"! Moi, c'est la  6ème fois, je connais la chanson et je ne me laisse pas faire. Basta! Toujours ce "touriste = pigeon" dans cette ville, c'est lassant. C'est le reproche majeur ici.
 
 
 
Dimanche 20/09/2015 - Ce matin, le soleil s'est caché loin derrière les nuages. Quelques gouttes s'égrainent sur la table du petit déjeuner. Ca ne dure jamais longtemps ici. Déjà le soleil lustre ses rayons. 
 
Dans la ruelle près du riad, on s'arrête ce matin pour un petit croquis d'ambiance "marché matinal". Le boucher a sorti ses quartiers de mouton et disparaît quand il nous voit. Quelques femmes entièrement voilées de noir (guichet à hauteur des yeux) vendent des légumes. Un gamin observe la scène et arrive en me criant "Madame, madame, interdit dessiner". Bien sûr.... je termine un peu plus loin, c'est pas compliqué de dessiner des formes amples...  Là encore, c'est le Marrakech que j'aime de moins en moins,  radical antipathique!
 
Nous décidons d'aller ensuite à la Maison de la Photographie que je n'ai encore jamais visitée.
C'est très intéressant et si calme dan cette médina ébouriffée. Nous montons sur la terrasse pour déjeuner, la vue est magique sur la ville, l'Atlas loin au fond, on s'autorise un petit dessin...
 
 
Nous partons Place aux Epices; cet espace du souk est dégagé et on peut facilement dessiner sans se faire bousculer. Justement, quelques femmes vendent le henné à l'abri de leur parasols.
 
 
Installées confortablement à la terrasse du Café des Epices, je décide d'utiliser le joli petit carnet accordéon que m'a donnée Françoise et sur 3 pages je dessine les scènes de l'après midi.
 


 
Contraste saisissant entre une touriste au décolleté profondément échancré dans le dos, fumant sans se soucier des regards désapprobateurs et les djellabas informes cachant toutes les différences dont la nature a doté les femmes. Celle qui brode les petits sacs de paille à l'abri derrière sa "grille" n'a pas bronché, je ne sais pas si elle a vu que je la dessinais. Elle s'en fout sans doute, elle semble sereine.
 
Un dernier repas pris au Riad où nous arrivons à la nuit tombée.
 
 
 Lundi 21/09/2015 : Easy Jet fait son job! Précis, nous partons à 9h de Marrakech Menara pour Lyon Saint Exupéry.
 
 
Voila, c'est la fin d'une belle aventure dans le haut Atlas Marocain à Touda, lieu sympathique que je recommande chaudement à tous les amoureux de la belle nature.
Le paysage est superbe, les Marocains de la montagne sont attachants et si je ne retourne pas au Maroc pour Marrakech, c'est clair, peut-être ferais-je une exception pour revoir Touda.
Qui sait? Inch'Allah!
 
 
 
 
 
 
 
 

 

lundi 28 décembre 2015

Journée au village puis Ibakliwine et la vallée d'Ait Bououlli

mercredi 16/09/2015 : Nous alternons une journée à Zawyat Oulmzi et une journée de balade en voiture dans les vallées avoisinantes.

Ce matin, après le petit déjeuner toujours aussi copieux, nous partons au village dessiner un peu.
On a trouvé, semble-t-il, un coin tranquille, pas très loin de l'écomusée. Quelques maisons au toit-terrasse de paille s'étalent sur fond de montagnes, le petit cours d'eau serpente en contrebas. C'est ici que les femmes viennent laver le linge et les tapis. Certains sèchent encore au soleil matinal.


Soudain une horde de gosses déboulent de partout, riant, criant .... fin de l'épisode quiétude.
Ils se postent devant nous réclament, braillent, se chamaillent, "Madame, madame, stylos!" Impossible de voir notre sujet avec cette bande excitée.
Coup de grâce! quand j'ouvre ma boite d'aquarelles, ils plongent leurs doigts sales dans les godets! Là, je ne me contrôle plus, je hurle "Foutez le camp".... en claquant la boite. Zou, on file!
 

Pour prendre un peu de champ, nous entrons à l'Ecomusée et là, au calme enfin, nous croquons quelques outils du quotidien posés ça et là, sur les thèmes de la cuisine, notamment. La dame responsable des lieux habite juste à côté sur la terrasse; en passant, elle nous donne quelques pommes fraîchement cueillies, c'est la pleine saison, puis elle s'installe au métier à tisser.


Dans l'après midi, nous montons sur la colline juste au dessus de Touda. Je suis fascinée par ces genévriers thurifères qui s'étalent en croisant leurs branches . J'imagine aisément que ce bois doit être le combustible idéal pour la cheminée. Les troncs bas et tordus développent largement leurs ramures  acérées, les toutes petites feuilles ont la couleur des oliviers, ce beau vert gris fascinant sous le coupole limpide du ciel sans nuage.

Humus et végétal, l'odeur emplit nos narines et  invite à respirer profondément.
Je ressens nettement le contact avec la nature millénaire du lieu. Un pur moment de bonheur quand pinceaux et  encres s'activent joyeusement dans un silence recueilli.


J'aime dessiner aussi sur le journal local qui raconte si bien le pays. Le pinceau encre de chine est de mon avis...


 
Et puis devant Touda, un peu plus tard, le vue magnifique qui s'offre à nous chaque fois qu'on ouvre les yeux le matin, une merveille.


Jeudi 17/09/2015 : Ce matin, départ en 4x4 pour Ibakliwine, village où l'on a trouvé des traces nettes et visibles de pas de dinosaures.  Pour Françoise et moi,  pas de randonnée, mais on visite malgré tout.
La route incroyable passe par la montagne sublime. A quelques centimètres du vide, le chauffeur assure!

Au village, sur de larges plaques de calcaire blanc,  on reconnait 2 types d'empreintes de pas de ces fameux animaux préhistoriques. Quelques enfants nous suivent, curieux mais distants.
Un dessin en haut du village sur les maisons au toit de paille nous fait goûter l'ardeur du soleil de midi; ils scintillent et écrasent les ombres transformées en puits de lumière.


Traité sur papier kraft au feutre fin et sanguine, on a l'impression d'un paysage d'hiver au premier coup d'œil, et  pourtant.....

On reprend la route pour trouver un coin sympa et partager notre pique nique. Les gorges d'Aguelcif, Agouti et la vallée d'Ait Bououlli nous émerveillent. Nous stoppons près d'Iglouane. Sur la terrasse ombragée d'une auberge, nous mangeons sous le regard implorant d'une mule entravée à la patte.
Puis nous montons au village même d'Iglouane.

Pour moi c'est le spectacle le plus fascinant de mon voyage Marocain. Ces hautes et fières maisons de terre rouge brique se dressent comme des falaises protectrices contre le bleu serein du ciel. Mais j'imagine aussi combien il doit être difficile de vivre en autarcie totale en hiver quand toutes les routes sont coupées, neige et verglas font la loi.


En bas l'Oued est à sec, des confettis colorés sèchent au soleil, dérisoires et rassurants. Il y a de la vie dans ce coin perdu.
Le soleil joue sur l'entrée d'une cave en terre : "Venez, c'est l'antre du potier Mohamed Bougali" dit Brahim (et c'est au XXIème siècle!!)

Mohamed a la prunelle rieuse et l'air heureux des gens qui jouent avec leurs mains. Dans son atelier-cave, le tour est fixé sur un tuyau dans un trou. Pour travailler, il s'assied au bord de ce trou, il malaxe la terre et tourne en la caressant délicatement.
Il assure une production locale, plat à tajines, en terre, jarres, canaris, dans la pure tradition berbère, ses motifs géométriques se répondent joliment.
 
Juste à côté de la cave, je découvre le four de cuisson des pièces terminées. A l'abri d'une butte, partiellement enterrés dans le sol,  plats et jarres sont entassées entre paille et branchages;  un feu permanent en dessous cuit le tout. La température supérieure à 200° permet une cuisson lente et continue assurant la solidité des pièces. Belle tradition et surtout, très émouvante.
 


Retour à Touda par la piste 4 x 4. Encore des paysages mirifiques... Le haut Atlas, c'est du bonheur!